Un week-end à Nagatoro, Saitama

Ce week-end était l’occasion une fois de plus de m’aventurer hors de Tokyo, et de découvrir la campagne japonaise. Je suis retournée du côté de Saitama, vivre le barbecue de camping, la balade en montagne et le plaisir du onsen face à une cascade …

Manque de bol pour moi, j’avais le TOEFL le samedi après-midi, et j’ai raté la session rafting sur la rivière. De Azabu-juban, près de l’Université Temple, je devais me rendre à Nogami, au fin fond de la campagne japonaise de Saitama, même qu’il n’y avait pas d’éclairage public.

Station Kumagaya

Mon bus, mis en retard à cause du zèle policier nippon – une vingtaine de cars de policiers pour je ne sais quel micro évènement bloquant tout le quartier, ne m’a pas fait rater mon premier train, un accident s’étant chargé de le retarder de 15 minutes. Vous auriez du voir la douleur sur mon visage, lorsque j’ai réalisé que non, avec autant de retard je ne pouvais humainement pas sauter dans ma correspondance, pour laquelle je n’avais que 7 minutes. Me morfondant dans l’heure de pointe qui me mena de Shibuya à Kumagaya, je ne pouvais que constater qu’il me faudrait non pas prendre un express, mais un local pour rejoindre ma destination finale et que j’avais une bonne vingtaine de minutes à tuer.

À Kumagaya, je découvre que la ligne Chichibu est quand même sacrément vieille: il faut appuyer sur des boutons pour obtenir un ticket ! Diantre !

Voilà les bêtes !

Arrivée sur un quai vieillot, je sens déjà la campagne venir à moi dans le regard intrigué de mes compagnons de voyage. Mazette, une gaijin ! Les adolescents rentrant chez eux après une dure journée d’activités extra-scolaires, se donnent des coups de coude et pouffent en me voyant. Il faut dire, ayant couru toute la journée, j’avais omis un détail: manger. J’avais sans doute l’air hagard, de bon ton avec cette période d’halloween. Je me rue sur le distributeurs et j’achète des biscuits au chocolat.

Le train arrive pépère, et je grimpe à bord. J’en profite pour lire un manga, ce qui intéresse diablement les garçons assis pas loin. À travers la vitre, je remarque au bout de quelque temps les yeux rivés sur moi, d’un salaryman qui écoute de la musique sur son MP3. Il tourne la tête immédiatement. Le pépé assis en face de moi somnole.

Station Nogami – Saitama

Nogami. Je suis les quelques passagers qui sont descendus, et me voilà à marcher sur les rails, pour arriver à la minuscule station. Elle me fait penser au Voyage de Chihiro.

L’entrée de la station. Je suis partie du côté de la voiture blanche

Ticket de la ligne Chichibu

Je tends mon ticket – pas de borne électronique, et … c’est tout noir. Google Maps me dit d’aller à gauche, sur un chemin obscur. Je quitte la douce lumière de la station de train et je pars à l’aventure, remerciant les satellites là haut, qui me guident. Et mon application lampe torche. Je marche le long des rails, jusqu’à un petit chemin où il m’indique de traverser. Je suis sur la voie, et j’entends le son de la nature puissance mille. Mais où est la civilisation ! Je continue mon chemin, incertaine, maintenant que Maps m’envoie dans les champs. Pourtant 5 minutes plus tard, me voilà arrivée au barbecue du camping de Nagatoro.

Le soir, je dors chez l’habitant, et j’ai le droit à une chambre en tatami et à un confortable futon. Le bain est prêt, et après avoir pris une douche je m’y délasse. Je dormais profondément lorsqu’à 6 heures du matin … La sirène d’alerte retentit. J’ouvre un oeil, puis deux, grommelle sous mon épaisse couverture. L’homme au micro déclare à plusieurs reprises qu’il s’agit d’un entraînement. Les pompiers parcourent le village et leurs sirènes achèvent de me réveiller. Tout le monde est déjà debout à Nagatoro et les habitants vaquent à leurs activités matinales: nettoyer les rues, préparer le petit déjeuner, jardiner, se balader …

Le petit déjeuner est royal: du saumon, de la soupe miso, du riz, une délicieuse omelette sucrée, une salade ainsi que des kaki. Le tout accompagné de thé vert. Je me régale et prends des forces pour aller me balader dans la montagne.

La troupe n’est pas au mieux de sa forme – selon les boissons de la veille et certains emprunteront le téléphérique.

Il fait très chaud et le soleil tape, mais nous atteignons le modeste sommet, quelques 490 mètres. Près d’un petit sanctuaire, une grand mère joue du shamisen sur un banc auprès d’un feu crépitant, malgré le grand soleil. Nous sommes à l’ombre des arbres et le vent nous fait frissonner.

Nous redescendons pour nous rendre à un fameux restaurant de soba local, où je prélasse mes pieds dans le mini bain mis gracieusement à la disposition des clients.

Les tempura sont à se rouler par terre, et les soba sont délicieuses. Le ventre plein, nous assistons à une petite représentation de kabuki avant de nous rendre au onsen du coin.

Je suis un peu impressionnée, il est très fréquenté et c’est la première fois que je me déshabille au milieu d’autant de femmes. Sous le coup du stress, je me trompe de porte et m’apprêtais à retourner dans le couloir … Ouf, je m’aperçois de mon erreur et me dirige vers les bains gauchement. J’ai toujours peur que mon tatouage me fasse exclure des lieux.

Onsen de Nagatoro

Finalement, je me douche et suis – peu sûre de moi encore – une femme partie dehors. Je vous raconte pas l’effet lorsque vous ouvrez la porte pour sortir à poil sur un chemin de pierre en plein air. Le bassin de source chaude est un peu plus bas, et donne sur une belle cascade. Le feuillage des arbres commence à rougir, mais ce n’est pas encore tout à fait la saison du momiji: l’observation des feuilles d’automne.

Ce fut une expérience enrichissante et vraiment géniale de pouvoir vivre au rythme de la campagne. Le Japon ne se résume pas à Tokyo, et j’ai encore tant de choses à découvrir et vivre dans ce beau pays !


Comment aller à Chichibu & Nagatoro et les activités à faire (en anglais)

 

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About Amélie-Marie (177 Articles)
C'est en 2007 que j'ai pour la première fois posé le pied au Japon. Depuis, je n'en suis jamais tout à fait rentrée. Amoureuse de l'archipel, mais aussi des voyages, j'aime écrire à propos des mes expériences de vie, des autres cultures que je croise. Depuis 2015, chargée de communication pour une école de Japonais (Coto Language Academy), j'assiste les élèves dans leurs démarches pour venir étudier au Japon!

5 Comments on Un week-end à Nagatoro, Saitama

  1. Tu as aimé « Daisaitama » comme on l’appelle ailleurs au Japon ? xD
    Le rotenburo est vraiment un truc fantastique. Une fois la première fois passée on a plus du tout d’appréhension. je rêve de faire un rotenburo en hiver au milieu de la neige. Comment as-tu trouvé ton logement chez l’habitant ? Airnb ?

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    • C’était la première fois que je faisais effectivement un rotenburo (disons que j’avais fait les onsens d’hôtels, mais de taille plus raisonnable !). J’aimerai beaucoup en faire à Nagano, au milieu de la neige en effet !

      Ce sont les parents d’une copine ! Le bungalow n’était pas assez grand, alors je suis allée avec elle chez ses parents ^^ (vu l’état des autres le lendemain d’une nuit agitée, j’ai bien fait !).

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  2. Ahhhhh ! Que de bons souvenirs ! J’ai adoré les onsens même si, comme toi, la première fois je n’étais pas à l’aise et je ne connaissais pas encore tous les codes en vigueur, mais j’ai vite appris ! Et j’avais beaucoup aimé les onsens à l’extérieur également 🙂

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1 Trackback / Pingback

  1. Japonaise, sors de ce corps ! Ou l’identité culturelle de l’expatrié | Amelie Marie in Tokyo

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