Bref, j’apprends le japonais avec les mangas

où l'on apprend qu'Amelie Marie in Tokyo a des lectures édifiantes ...

Coin des shôjo

Cela fait désormais plus d’un an que j’apprends le japonais – avec des hauts et des bas, et j’ai enfin franchi une barrière, celle de la lecture. Oh n’allez pas croire que je lis couramment tout ce qui me passe par la main. Non, entre le vocabulaire et les kanji, ces idéogrammes de la mort, il me faut soigneusement choisir mes lectures pour pouvoir comprendre 60 à 70% de l’histoire.

Pour moi c’est l’accomplissement d’un rêve. La première fois que je suis venue au Japon, j’avais acheté quelques manga, pour le plaisir d’avoir des exemplaires ne paraissant que deux ans plus tard en France. Mais alors que j’en regardais les pages, la frustration de ne pouvoir les lire me démangeait. Et voilà que, désormais, tout un royaume s’offre peu à peu à moi.

  • Succincte classification des genres de mangas par public:
    Shônen: garçon adolescent
    Shôjo: fille adolescente
    Seinen: homme adulte
    Jôsei: femme adulte

Quelques mois auparavant, j’aurais certainement pu lire déjà pas mal de choses. Mais le nippon me dirigeait principalement vers du shônen, ce qui ne m’intéressait guère alors (je lis volontiers n’importe quel type de manga, mais tous n’ont pas le même niveau de langue). Les sujets des shônen peuvent se révéler parfois très techniques, et j’étais perdue avec mon petit dictionnaire électronique, perdant vite tout intérêt pour l’histoire.

Un grand rayon à Book Off – http://ochancoco191.wordpress.com/

J’ai commencé alors à me rendre toute seule à book off, cette chaine de livres d’occasion, et à fouiner pour la perle du côté des josei, présentant des histoires me motivant certainement plus à pousser la lecture plus d’un chapitre et pensais-je, plus accessible que du seinen. Repérer les mangas pour fille et femme est enfantin: les couvertures sont rouges et roses pour la plupart.

Coin des shôjo

Coin des shôjo – source: site book off

Force fut de constater après quelques titres, que lire du josei allait se révéler ardu. La plupart des kanji n’ont pas leur furigana, c’est à dire leur lecture, d’écrits à côté. Lorsque l’on apprend le japonais, on peut parfois connaître le sens d’un kanji sans en connaître la prononciation ou, au contraire, on peut connaître un mot sans en connaitre ses kanji. Dans les deux cas, pour les premiers pas dans la lecture du japonais, le furigana est important.

Je me suis tournée vers le shôjo, retombant un peu dans l’adolescence et les histoires d’amour cul-cul. Oui, je l’admets volontiers. C’est d’ailleurs pourquoi les japonais ont inventé la géniale idée de vous proposer gratuitement des couvertures en papier pour que personne ne sache ce que vous lisiez en public …

Exemple de couverture de livre aux librairies Kinokunya – source: http://butuyokuannex.cocolog-nifty.com/

Vous pouvez aussi acheter des couvertures de tout genre:

Exemple de couverture de livre acheté en boutique – source: http://kisslog2.com/archives/28853410.html

Les débuts n’étaient pas évidents. Manquant de vocabulaire et confrontée au langage des jeunes – le japonais ayant tellement de niveaux de langue différent, que lorsque l’on apprend le standard en classe, on peut à peine communiquer avec les gens dans la rue au départ, j’avais très vite mal à la tête et au bout de 15 pages l’envie de dormir. Je me suis accrochée. Petit à petit, je suis devenue plus rapide. Sans retenir tout le vocabulaire, ni même les kanji, j’ai commencé à avancer avec plus d’aise dans les histoires de filles célibataires à 30 ans, de fiançailles entre une lycéenne et un policier, d’une histoire d’amour entre deux êtres timides … Bref, de l’eau de rose, en veux-tu en voilà.

P et JK, une histoire d’amour entre un jeune policier et une lycéenne – source: oui, non, j’ai honte, mais c’est trop bon (http://bookoff-fukuoka.jp/)

Mine de rien, le manga apprend à décrypter. La grammaire y est légèrement malmenée et pour l’apprenant c’est un très bon moyen de s’habituer à comprendre les diverses formes de l’impératif, le langage masculin / féminin (bien que la distinction soit en perte de souffle) etc. C’est aussi s’habituer à certains kanji. Bon je ne vous cache pas que je ne cherche pas tout, tout le temps avec le dictionnaire. Mais si le mot revient plusieurs fois, à force de le voir ou même de le rechercher (mémoire passoire bonjour!), je vais le mémoriser. Youpi ! Certains sont plus faciles à lire que d’autres, sans trop que je ne sache l’expliquer, et sans avoir à sortir le dictionnaire, je le dévore en une heure.

Aux apprenants de japonais, je ne peux que conseiller cette méthode comme complément à votre apprentissage. Très certainement, le manga aura au moins l’avantage de vous motiver à la lecture en japonais sans vous barber et vous permettra moins de maux de tête qu’un livre sans image.

Quant aux autres … Je ne peux que vous inviter à découvrir – en français, l’univers très, très riche de cette culture populaire japonaise. Le manga ne se résume pas qu’à des histoires répétitives d’amour ou de combat côté garçon, il existe de véritables chefs d’oeuvre de créativité et des mangaka (auteur) renommés, tel Naoki Urasawa ayant reçu de nombreuses récompenses dont un prix au festival d’Angoulême.

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About Amélie-Marie (177 Articles)
C'est en 2007 que j'ai pour la première fois posé le pied au Japon. Depuis, je n'en suis jamais tout à fait rentrée. Amoureuse de l'archipel, mais aussi des voyages, j'aime écrire à propos des mes expériences de vie, des autres cultures que je croise. Depuis 2015, chargée de communication pour une école de Japonais (Coto Language Academy), j'assiste les élèves dans leurs démarches pour venir étudier au Japon!

3 Comments on Bref, j’apprends le japonais avec les mangas

  1. C’est en effet un bon moyen d’apprendre une langue ! Personnellement, je révise mon allemand et mon anglais en lisant des manga …(même si ce n’est pas la langue originale). Je suis malheureusement pas encore au japonais. Sinon, petite faute d’inattention mais : « Succincte classification des genres de mangas par public »: ===>la phrase n’est pas très claire, shonen et compagnie désigne uniquement la cible éditoriale, le terme « genre » peut don prêter à confusion et vaudrait mieux pas l’utiliser (mais c’est un petit détail de la part d’un vieux puriste)

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    • Ahaha, j’ai pas mal evolué en anglais avec les mangas aussi !
      Je comprends ton point de vue, cependant, à partir de la cible editoriale (le public) on a bien une « typologie » avec des codes précis. Le mot genre est peut être mal choisi en effet, en revanche, je dirais qu’il y a des types de mangas.

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  2. Je trouve ton article très pertinent ! Pour ma part, je vais commencer par lire en japonais un manga que j’ai déjà lu plusieurs fois en français (Fruit Baskets, oui je sais un peu la honte mais j’adore !), comme ça je sais que je connais déjà l’intrigue (mon niveau ne me permet pas encore de décrypter un manga totalement inconnu, mais l’histoire du policier et de la lycéenne donne trop envie !) 🙂

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