Tobi shokunin, les ouvriers japonais

J’ai depuis longtemps une fascination pour les chantiers de construction, devant lesquels je suis plongée dans un abîme de questionnements sur le génie humain. Tokyo est dans un grand boom économique du bâtiment – une manière comme une autre de retaper l’économie – et les chantiers poussent comme des champignons autour de chez moi. Si les japonais ne sont pas très efficaces au bureau, en revanche, les constructions sont accomplies avec une vitesse effarante.

(Une vidéo gangnam style se cache dans cet article).

Le boom de la construction est même aujourd’hui confronté au manque de main d’oeuvre, après une chute vertigineuse du nombre d’ouvrier au Japon (- 26 % en 17 ans). Cela entraine de sérieuses conséquences sur les  offres de nouveaux chantiers, alors mis en concurrence, et sur les matériaux choisis (construire l’école / l’hôpital ou le tout nouveau building du quartier d’affaires …?).

Les jeux olympiques de 2020 ont d’autant plus accentué l’accélération de ce marché, et la pression est telle que le Japon ouvre ses portes – très timidement – à la main d’oeuvre étrangère (qualifiée). Au Japon vivent 1,6% d’étrangers et le pays entend bien contrôler ses frontières. Le nouveau visa en préparation devrait voir le jour en 2015, et permettre à 70 000 travailleurs étrangers d’entrer dans le marché du travail japonais – après 3 ans minimum d’expérience dans leur pays d’origine, et pour une période déterminée.

Il faut dire que le manque de quelques 150 000 ouvriers dans les prochains mois n’incite pas le gouvernement à bouger sur des questions de qualité et de sécurité du travail ouvrier. Les jeunes n’ont pas envie d’entrer dans un secteur dominé par les 3K (en japonais): dangereux (kiken 危険), difficile (kitsui きつい), sale (kitanai 汚い dirty).

Dans le monde du travail japonais, col blanc ou col bleu, l’uniforme règne. Et le plus cool de tous est celui des tobi shokunin, ces ouvriers de voltige qui bossent à des hauteurs vertigineuses, avec plus ou moins de sécurité.

Au premier coup d’oeil, on pourrait penser qu’ils sont pilotes ou tout droit tiré d’un film de science fiction. La marque «Tobi», en référence au pantalon baggy typique de la tenue – pourtant absolument pas traditionnel, spécialisée dans l’uniforme des ouvriers du bâtiment au Japon, a créée en 2008 une série de photo pour son catalogue.



YouTube étant une formidable plateforme d’enrichissement personnel, pour le plaisir:

Advertisements
About Amélie-Marie (177 Articles)
C'est en 2007 que j'ai pour la première fois posé le pied au Japon. Depuis, je n'en suis jamais tout à fait rentrée. Amoureuse de l'archipel, mais aussi des voyages, j'aime écrire à propos des mes expériences de vie, des autres cultures que je croise. Depuis 2015, chargée de communication pour une école de Japonais (Coto Language Academy), j'assiste les élèves dans leurs démarches pour venir étudier au Japon!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :