Relations longue-distance, deux années de challenge

Lui en Russie, moi au Japon, c'est reparti pour un tour !

La date fatidique est arrivée. Nous nous y sommes préparés, le Nippon et moi, quasiment toute l’année. Je l’ai encouragé, motivé, poussé à se porter candidat pour un Master à l’Université de Moscou, MGIMO, prestigieuse institution de relations internationales. Ce chemin parcouru à deux à travers les méandres des candidatures universitaires internationales, le Nippon va le poursuivre seul. À Moscou. Pour deux ans.

Source: funny-memes

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Je n’ai pas cherché à le suivre. Pour moi, cela m’apparait comme une évidence, il s’agit là d’une expérience dont il doit pouvoir profiter à fond. Cette reconnaissance universitaire de son potentiel, il en a bavé pour l’obtenir. C’est un petit pas en avant dans son rêve: celui de pouvoir travailler au service des autres, au sein d’une ONG.

Peut-être que j’aurais pu le suivre, nonobstant les difficultés administratives. Mais je me souviens de l’intensité de mes études. Comment les relations amoureuses peuvent détourner la concentration, mettre en péril notre travail universitaire. Imagineriez-vous partir en Erasmus, suivi par votre amoureux ?

Nous avons fait ce choix, non sans y réfléchir, mais sans nous leurrer. C’est la bonne solution pour nous.

La distance, nous en avons l’expérience. C’est en Russie que tout a commencé, au hasard d’une rencontre. Et puis nous nous rencontrions en pointillé; moi venant au Japon, lui me visitant en France. Nous avions pu nous retrouver quelques mois en Ouzbékistan, pour une première vraie expérience de vie commune (formidable d’ailleurs). L’auberge espagnole est un peu notre clin d’oeil.

Source: funny-memes

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Facebook, Gmail, Skype, le courrier, les colis.

Une relation à distance n’est pas à la portée de qui veut. Mais c’est aussi de plus en plus commun, entre les voyages et séjours à l’étranger de plus en plus fréquents, le développement de la technologie et l’apprentissage de langues étrangères.

Nous nous sommes toujours considérés comme libres. J’envisage d’aller travailler en Asie du sud-est, quand il s’interroge sur d’éventuelles missions humanitaires en Afrique. La distance dans notre couple est une donnée qu’on a acceptée dès le départ. Notre amour ne nous a pas emprisonné, bien au contraire. Être à deux nous permet de regarder dans la même direction, même à distance !

Zen attitude

Nos caractères nous sauvent de cette expérience.

Le Nippon a cette attitude très stoïque des japonais, loin des éclats passionnels. Ne pas pouvoir être toujours ensemble, avoir à vivre à distance, c’est fréquent dans l’archipel, entre les horaires intenses de travail, les mutations professionnelles …

Quant à moi, je suis zen. Lorsque notre relation longue distance a débuté, on m’avait annoncé les pleurs au téléphone, le manque de confiance (loin des yeux, loin du coeur), la peine de l’éloignement. Il suffit de taper relation à distance pour tomber sur des guides pour y survivre, des images mélancoliques et des larmes à n’en plus finir. Finalement, je n’ai vécu rien de tout cela et ça me reste très mystérieux (j’ai un coeur, je vous rassure tout de même !).

En réalité, je pense que connaître l’étendue de son affection me suffit. Le savoir heureux me suffit.

La liberté, ça a un prix

Deux ans, c’est à la fois long et court. Je ne vous cache pas que c’est un challenge pour moi de résider au Japon seule. Et pour lui de retourner en dortoir. Deux années rythmées par quelques week-end, ici ou là-bas. L’essentiel, c’est cette confiance tacite entre nous. Mieux vaut être libre et heureux que se laisser entraver par notre affection.

Deux années de projets

Cette vie à distance est l’occasion pour nous deux de faire ce qu’il nous plait. Le Nippon apprenti-diplomate, a déjà les yeux brillant à l’évocation de la riche bibliothèque de MGIMO, et des 50 langues proposées en apprentissage; lui qui en parle déjà 5.

Son départ n’est pas synonyme de pause de mon côté, et c’est bien là une clef pour bien vivre cette séparation.

Je me suis inscrite au marathon de Tokyo, et je vais pouvoir préparer ce défi qui me tient à coeur depuis longtemps dans les meilleures conditions. Je vais continuer d’apprendre le japonais, définir ce que je veux faire. Enfin écrire un livre, peut-être.

Dernièrement, on a réalisé que ses vacances estivales seraient l’occasion de voyager à travers l’Europe. Quel projet excitant !

Cet article un peu personnel, reflète aussi les aléas de la vie à l’étranger et du couple mixte. Seriez-vous capable de vivre une relation longue-distance ?  

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About Amélie-Marie (177 Articles)
C'est en 2007 que j'ai pour la première fois posé le pied au Japon. Depuis, je n'en suis jamais tout à fait rentrée. Amoureuse de l'archipel, mais aussi des voyages, j'aime écrire à propos des mes expériences de vie, des autres cultures que je croise. Depuis 2015, chargée de communication pour une école de Japonais (Coto Language Academy), j'assiste les élèves dans leurs démarches pour venir étudier au Japon!

9 Comments on Relations longue-distance, deux années de challenge

  1. Je ne sais pas si j’en serais capable, car nous avons très vite été assez fusionnel avec mon chéri et, après quelques mois de relation, il emménageait chez moi ! En revanche, si cela peut te rassurer, mon frère et son épouse (Japonaise, donc ! ^^) se sont rencontrés aux US, ont vécu 3-4 ans, lui à Paris, elle à New York, avant d’enfin pouvoir habiter ensemble ! Voilà, ça a été dur, mais cela fait plus de 10 ans qu’ils sont ensemble, et ils attendent leur troisième enfant ! Donc tu as tout à fait raison d’avoir confiance ! 🙂
    En revanche, ce qui m’embêterait plus, c’est la difficulté d’obtenir des visas en Russie… Pas pratique si l’envie te disait de rendre visite inopinément à ton chéri !
    Sinon, tu avais envisagé de rentrer en France pendant ces deux ans, ou bien la perspective de rester seule au Japon s’est tout de suite imposée ?

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    • Merci de ce témoignage ! Eh oui, certains couples passent l’épreuve de la distance un sacré bout de temps ! Pour la Russie, je peux avoir un visa de touriste, donc on a déjà balisé nos petites escapades. Un visa étudiant, du moment que tu payes une école de langue (en plus l’institut Pouchkine est juste à côté !) tu peux l’avoir. C’est le visa de travail qui m’aurait intéressée, et qui est très dur ! Je n’envisageais pas du tout de rentrer en France. Ça peut paraître absurde (car plus proche de la Russie), mais j’ai l’impression que cela m’éloignerait de lui. Et puis, j’ai envie de maîtriser le japonais, cette année pourra y être entièrement dédiée. Je crois aussi que j’ai une frousse de retourner en métropole et d’avoir à me réhabituer à une autre vie (car mine de rien, je me suis très bien adaptée au Japon).

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  2. Pas de problème, si vos caractères ne s’opposent pas à ce style de vie, il n’y a aucune raison que ça ne fonctionne pas.

    J’ai vécu à distance avec mon ex mari pendant des années et ce n’était que du bonheur. Nos caractères indépendants et notre façon de voir la vie nous le permettaient et c’était génial. Les périodes courtes ou longues, où nous vivions ensemble étaient également du bonheur. Une vie riche et exaltante ensemble ou séparément ! Quoi de mieux !
    Je vous souhaite à tous les deux autant de bonheur que nous, et nous en avons eu vraiment « très très beaucoup » 🙂

    C’est normal de ne pas envisager de revenir vivre en France car maintenant, « chez toi » c’est au Japon…

    (je précise que notre divorce n’a absolument rien à voir avec ce qui était notre style de vie)

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    • Bonjour, merci de ce témoignage très intéressant ! Je ne sais pas si beaucoup de personnes pourraient vivre ainsi mais effectivement un couple de deux caractères indépendants, une façon de voir la vie de la même manière, peut très bien le vivre et en tirer tous les avantages.

      Je crois aussi que je suis un peu chat sauvage, et que c’est une occasion de me retrouver. Et c’est un peu la même chose de son côté, même s’il n’aime pas être seul, de pouvoir retrouver une indépendance. Et puis, justement ces moments courts de retrouvailles tellement intenses, on adore :).

      (Concernant le divorce, la vie parfois sépare bien des chemins).

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  3. on l’a fait pendant 5 mois (sachant qu’on a des enfants, ce qui ne facilite pas les choses). C’est faisable, mais ca reste un peu compliqué. Petit à petit les sujets de discussion se reduisent car on a plus le meme quotidien, et surtout, on vit dans l’attente permanente: l’attente du prochain skype, du prochain mail qu’on va recevoir, du prochain mail qu’on va envoyer, du prochain moment que l’on va passer ensemble. Il faut faire un vrai travail sur soi pour que cette separation soit bien vecue.
    Petit anecdote: j’ai travaillé dans une boite japonaise en France, et beaucoup de mes collegues japonais étaient en France en célibataires, leurs moitiés etant restées au Japon. Ils avaient l’air de tous bien le vivre, comme une evidence, alors pour moi la relation à distance c’est un truc de japonais 🙂

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    • Bonjour, merci de ce témoignage. J’imagine combien avec une petite famille, cela peut être difficile. Et effectivement, les japonais le vivent assez bien en général. Concernant cette attente, qui semble effectivement pénible, on est assez tranquille. Je pense vraiment que nos caractères et nos expériences passées de distance font qu’on le vivra bien. Si nous n’avions pas déjà vécu cela, je pense que ma perspective serait très différente. Concernant les sujets de discussions, étant deux passionnés de
      Géopolitiques et de relations internationales, on est plutôt du genre moulin à parole :).

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  4. Dur… mais tellement commun au Japon !
    Je connais tellement de Japonais qui sont partis loin, parfois à l’étranger, laissant épouse et enfants au bercail, que cette situation ne m’étonne même plus… même si elle peut paraître choquante aux yeux des Français.
    Ici, la situation est choisie, et non subie, et vous avez eu le temps de vous y préparer (c’est loin d’être toujours le cas pour le salaryman japonais…), vous pouvez donc partir confiant.
    Courage, quoi qu’il en soit !

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  5. Je trouve ça super, ton optique et ta façon de vivre les choses sont très intéressantes et font réfléchir, car moi j’en serais littéralement incapable! Je suis un peu l’extrême inverse, je vis très difficilement l’éloignement et 3 semaines sans mon amoureux, c’est déjà limite un calvaire. Je deviens vite triste comme une pierre! Mais j’aimerais beaucoup m’améliorer car ça peut être handicapant dans un couple 😉 Et dans la vie tout court, car au final, c’est vivre mal la solitude, ce qui est dommage.
    Pour te dire, il y a quelques années, quand mon Italien (couple mixte aussi 😉 ) a eu l’opportunité de partir faire des études en France (sachant qu’on vivait à Bruxelles, donc pas loin), il a pris un appartement sur le lieu de ses études pour la semaine, on devait se voir le w-e. Mais on n’a pas tenu et finalement, il revenait quasi 3 ou 4 soirs par semaine, haha!

    Bref, je vous souhaite tout le meilleur pour cette aventure, qui sera tout aussi enrichissante pour lui en Russie que pour toi au Japon 🙂
    Célestine

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    • Bonjour, merci de ton passage et de ton témoignage :). Je comprends parfaitement que justement, il existe d’autres « formats » de couples pour qui, ce serait une épreuve vraiment douloureuse, d’ailleurs, j’ai rencontré des nanas (ou des gars!) qui ont voyagé pour suivre leurs moitiés, parce que la distance, c’était pas possible. Peut-être est-ce un handicap, mais c’est aussi de mon point de vue, très beau. Je sais que je n’en serai pas capable, me sentant vite étouffée, mais c’est touchant, un couple inséparable =).

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  1. Relation longue distance – les pour et contre | Amelie Marie in Tokyo

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