Suica, pasmo … et perdre son commuter pass au Japon

Voyager au Japon n’a jamais été aussi facile depuis la géniale invention des cartes de transports prépayées, alias la Suica et la Pasmo. Concurrentes mais interchangeables, ces cartes vous permettent d’emprunter les transports sans tickets, et deviennent éventuellement des commuter pass à l’aide d’une simple borne de station.

La suica, super urban intelligent card, mais dont le nom a aussi été choisi pour sa consonance avec la pastèque japonaise (suika), dont raffolent les nippons en été, est sortie en 2001 par la compagnie JR EST, afin de faciliter l’usage des transports urbains de la région Tokyo mais aussi des réseaux dans d’autres villes, y compris les lignes de bus. La pasmo, au design similaire, est sortie en 2001 et son succès a été immédiat, puisqu’en un été, plus de 3 millions d’exemplaires ont été vendus. Pas mal pour une carte dont on avait prévu … une vente limitée.

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Une suica, design carte bancaire !

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La pasmo, reine des transports tokyoites … au design similaire !

La différence ? Aucune, ou très subtile, si vous voulez mon avis, puisque la pasmo passe sur le réseau suica sans problème et vice versa. Les deux s’achètent à des bornes, avec une caution de 500 yens qui vous sera remboursée, les deux peuvent permettre de payer des achats dans les boutiques possédant une borne adaptée, et les deux peuvent se transformer en commuter pass.

Un commuter pass s’imprime en borne sur votre carte pasmo (ou suica), pour un ou plusieurs mois, et répond à un trajet spécifique (à moins de prendre un pass métro / train qui coute la bagatelle de 123€ par mois) entre un point de départ et la destination, incluant des changements.

De votre point A à votre point B, vous ne payerez plus votre transport. Mais si vous décidez de faire un crochet par une autre station, les frais reviennent au galop. Le commuter pass, c’est le sésame des transports japonais. C’est votre carte pour vos déplacements quotidiens qu’ils soient professionnels ou scolaires. Et quand on le perd …

Mon commuter pass

Mon commuter pass

Commuter pass du Nippon

Commuter pass du Nippon

 

Perdre son commuter pass, c’est perdre un à plusieurs mois de transport, beaucoup d’argent (si vous l’utilisez en tant que porte monnaie électronique), éventuellement vos cartes d’identités (si votre pass est comme le mien, dans un mignon porte pass / porte monnaie).

Et hier, j’ai vécu l’expérience désagréable de perdre mon commuter pass (et tout ce qui va avec). C’est là que je béni le Japon, pour l’honnêteté ambiante, le sens du service et l’organisation impeccable des objets trouvés.

Alors que nous allions rentrer de notre visite mensuelle aux parents du Nippon, je réalise avec panique que mon pass n’est pas dans mon sac. Bran le bas de combat chez les Nishizawa, on fouille la maisonnée, mais pas moyen de mettre la main sur mon graal. Me voilà bien en veine.

Sans plus attendre, nous retraçons notre chemin de la demeure à la gare, jetant un oeil sur les murets, où l’objet perdu aurait pu être déposé avec une pensée émue pour son propriétaire (voilà une agréable habitude japonaise). Point de carte et ma tension qui grimpe, alors que nous passons par le combini, puis la poste, puis le poste de police à l’angle de la place. Finalement, nous voilà au guichet de la gare. Il est 22h30, et l’employé de garde en nous voyant arrivés échevelés tout de suite, a une lumière dans le regard. YES, me dis-je en mon fort intérieur.

Et yes il fut, mon pass avait été trouvé sur le sol près de la devanture de la boulangerie où j’avais rêvassé quelques minutes à notre arrivée. Bien. Rends moi donc mon pass, ô saint employé de la gare. Que nenni.

– « avez-vous une carte d’identité / passeport / carte d’employé à me présenter ? « 

– « … c’est à dire que tout est dedans ».

– « … en effet. »

Je le regarde, il me regarde, et j’ai bien envie de crier que nom d’une pipe, y a 3 cartes d’identité avec mon commuter pass, et que des occidentales qui perdent leur pass à mejirodai, ça doit pas être des masses courant.

Mais il le sait, et il sait que je le sais, malheureusement, les règles sont les règles. Bon, très bien, alors éventuellement, il me faut remplir un papier de déclaration, avec mon contact au cas où je serai une voleuse d’objet trouvé. S’ensuit une discussion sur la possibilité ou non d’écrire mon adresse en romaji (parce qu’honnêtement, de tête je ne peux pas écrire mon adresse en kanji …). Puis, il appelle le responsable, avec lequel je suis supposée converser en japonais.

À ce stade ma journée, ayant passablement mal commencé (sujet d’un autre article), cuite comme une betterave, je me voyais incapable d’aligner une suite de mot logique en français, alors en japonais, m’en parlez pas. Voyant ma détresse, et mon regard à moitié fou sur mon commuter pass, l’employé de gare finalement expliqua la situation et eut le feu vert du grand manitou, basé une station plus haut, au terminus.

Il me tendit mon petit porte monnaie, tel un dompteur nourrissant un lion encore un peu sauvage, et je l’attrapais vivement, étouffant un « mon précieux » dans ma barbe.

 

 

 

 

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About Amélie-Marie (177 Articles)
C'est en 2007 que j'ai pour la première fois posé le pied au Japon. Depuis, je n'en suis jamais tout à fait rentrée. Amoureuse de l'archipel, mais aussi des voyages, j'aime écrire à propos des mes expériences de vie, des autres cultures que je croise. Depuis 2015, chargée de communication pour une école de Japonais (Coto Language Academy), j'assiste les élèves dans leurs démarches pour venir étudier au Japon!

5 Comments on Suica, pasmo … et perdre son commuter pass au Japon

  1. Parce que, en plus de tout ça, J’apprends que tu as de « la barbe pour pouvoir marmoner » dedans ! 😀 😀 😀
    Epilation ! Epilation ! (Ca ne ferait pas un sujet ça ? L’épilation au Japon ? 🙂 )

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  2. Je suis sortie ! Je suis partie ! J’ai été épiler ma barbe… 🙂
    Oui, je sais, j’aime stupider très beaucoup 🙂
    Je suis irrécupérable 😀

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  3. Bon, plutôt que barbe, dans mon foulard anti UV ! Ah l’épilation au Japon … Ça reste encore très mystérieux pour moi ! Des boutiques existent mais le rasage est quand même au top de la mode (y compris … les bras et les doigts !) avec l’arrivée de l’épilation définitive à lumière pulsée ou je ne sais quoi. Je vais prendre mon chapeau de Sherlock et enquêter !

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  4. Je lis toujours tes articles avec plaisir 🙂

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  5. Alexandre WAETERS // juillet 14, 2014 à 6:22 // Répondre

    Quelle voyageuse cette baroudeuse! Que d’émotions et de découvertes et c’est tellement bien écrit! On est avec toi 🙂

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