Vivre au Japon: le riz

Le riz japonica

On ne le présente plus, un des aliments phare au pays du soleil levant est le riz. Équivalent de notre pain national, le riz s’est développé en Asie en raison de sa résistance à l’humidité, et consommé à presque tous les repas, il n’a pas encore été détrôné par les évolutions alimentaires. Le riz au Japon, c’est une affaire sérieuse. On le cuit avec minutie selon le type de préparation voulue, et on ne plaisante pas avec. Hier, mon Nippon m’a enfin dit pour la première fois, « Ton riz est très bon ! ». YES ! Cela fait plus de 9 mois que j’utilise l’auto-cuiseur quasiment tous les jours. Je suis sans doute longue à la détente.

Clairement, en France, on sous-estime ce pilier de l’alimentation japonaise. D’ailleurs, en japonais, « gohan » (le riz cuit) est la base des mots « petit déjeuner » (asa-gohan) « déjeuner » (hiru-gohan) et diner (« ban-gohan »). Rond et blanc nacré, il rappelle le riz pour risotto.

La variété traditionnelle de l’archipel, le « Japonica » est largement subventionné par l’Etat. Si longtemps ce fut un marché fermé, le Japon a dû se plier aux règles du libre échanger et s’ouvrir à l’importation de riz étranger. D’après le Nippon, lorsqu’il était enfant, l’inflation obligea une grande partie des japonais à acheter du riz thailandais.

On le mesure et … on le lave !

Premier obstacle, mesurer la bonne dose de riz. On compte 75 grammes de riz pour une personne, triplant de volume lors de la cuisson. Soit, approximativement 225 grammes de riz cuit.

Choc culturel: le riz se lave, étape indispensable pour supprimer le surplus d’amidon. Riz lavé rime avec riz digeste – et moins gluant.

  • Pour ceux qui sont équipés, on place le riz dans une passoire ou un « chinois », et on lave à l’eau claire, à la main, sans écraser les grains, jusqu’à ce que l’eau qui s’écoule, au départ blanche, devienne de plus en plus claire.
  • Pour les galériens de la cuisine – comme moi avec ma kitchenette à deux sous, on place le riz dans un récipient, et on répète l’opération, en vidant l’eau.

Le cuire, c’est tout une histoire

Deuxième galère en perspective: chaque variété de riz se cuit différemment. Il vous appartient de connaître votre riz avant de vous lancer dans la cuisson. Les conseils suivants ne s’appliquent qu’au riz blanc type japonica.

  • Cuisson classique en casserole
  1. On mesure notre riz par personne sur la base de 75 gr par personne. Connaissant le Nippon, on y va franco avec du 100gr à la louche grâce à notre gobelet doseur.
  2. On lave et masse avec amour notre riz. Si vous êtes cantonné au récipient, on le vide et remplit 3 fois d’eau.
  3. On égoutte, on verse dans une casserole qui ne doit pas être trop petite. On ajoute l’eau selon la technique de la phallange: je vous vois rigoler, mais le jour où j’ai parlé de verre doseur au Nippon, j’ai eu le droit au plus bel haussement de sourcil de sa carrière. Index posé sur le riz, et on verse de l’eau jusqu’à la première phalange de celui-ci.
  4. Laisser gonfler 30 minutes – cette étape idéale pour du bon riz, peut néanmoins être négligée.
  5. Couvrir, et cuir sur feu vif – moyen.
  6. Ne jamais soulever le couvercle.
  7. Ne JAMAIS soulever le couvercle.
  8. Attendre 4/5 minutes que l’eau bouille (indice: la vapeur).
  9. Mettre à feu doux pour 10 minutes.
  10. Retirer le riz du feu, et laissez le reposer durant 5 minutes (ne soulevez pas le couvercle).
  11. C’est prêt !
  • Cuisson autocuiseur

Modèle de mon autocuiseur

Avoir un bon autocuiseur hors Japon, ce n’est pas évident. J’ai découvert avec le Nippon que selon le type de riz régional, les modèles n’étaient pas tout à fait les mêmes. Ainsi les autocuiseurs français ne seraient pas totalement adaptés au riz japonais. Je suis tout ouïe pour les retours d’expérience !

お粥 普通 分  … ?!

Dans mon cas, je suis face à un autocuiseur japonais, avec des indications en kanji.

Vive internet.

Après 9 mois, j’ai à peu près compris la bête, mais au début, je ne vous raconte pas les catastrophes culinaires que j’ai pu occasionner en faisant preuve d’initiative (autant dire que l’accès à l’autocuiseur ne m’a été rendu qu’après une période d’essai étroitement contrôlée). Les étapes 1, 2 et 3 sont rigoureusement les mêmes, jusqu’à l’étape phallange. Les récipients d’autocuiseur ont en général des échelles, mais le coup de l’index est a priori plus fiable (je me pose la question alors de savoir si on a tous la même taille de phallange …).

Après l’étape 3, vous enclenchez le mode qui vous intéresse. Personnellement, j’utilise le mode cuisson rapide et je ne me pose pas plus de question.

Bonus: ajouter du sésame, des haricots rouges ou des épices, pour varier (notamment pour faire des onigiri).


Pour les intéressés vivant à Tokyo, la galerie design 2121design organise en ce moment une exposition passionnante sur le riz. Les photographies des visiteurs mises sur tweeter sont automatiquement relayées sur leur site.

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About Amélie-Marie (177 Articles)
C'est en 2007 que j'ai pour la première fois posé le pied au Japon. Depuis, je n'en suis jamais tout à fait rentrée. Amoureuse de l'archipel, mais aussi des voyages, j'aime écrire à propos des mes expériences de vie, des autres cultures que je croise. Je travaille depuis 2015 pour Coto Academy, une école de langue de japonais et Coto Work, une agence de recrutement sur Tokyo.

7 Comments on Vivre au Japon: le riz

  1. Je suis une adepte du 無洗米, tellement plus pratique !

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  2. C’est clair que c’est tout une histoire. Par contre, demande à un japonais de cuire le riz sans auto-cuiseur et tu verras la différence 😉

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  3. Je viens de te nominer pour le Angel Award! Félicitations pour ce Prix bien mérité. Viens en prendre possession et voir tout à ce sujet sur mon blog au .
    http://blogzingara1961.com/2014/06/13/angel-award/
    Passe une très belle fin de journée sous le soleil! Françoise ( zingara).

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  4. Le Japon que des souvenirs d’enfance, dans ma jeunesse j’étais beaucoup attiré par ce pays et je me souviens j’en avait fait un exosé à l’école …
    Bon Weekend à toi ❤

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  5. Ici en France, j’arrive à me débrouiller avec un autocuiseur tout simple pour le riz que j’aime « très beaucoup » et qui me sauve la vie puisque je ne tolère pas le gluten, mais comme tu le dis très justement, selon les variétés de riz, faut changer de phalange ! 😀

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  6. A Madagascar on mange du riz matin midi et soir hihi alors avec mes origines je suis une grande mangeuse de riz! L’autocuiseur est un indispensable dans ma cuisine, et l’absence de riz dans mes placards est source d’angoisse pour moi :D! Par contre je n’ai jamais acheté de riz japonais, il serait peut être tant que je tente l’expérience

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