L’Ouzbékistan, découvrir Tachkent : bus, tramway, métro soviétique, taxi

Vue aérienne de la capitale Atilin/CC

Voyager en Ouzbékistan ? Rien de plus facile, particulièrement dans la capitale Ouzbek. En effet, Tachkent offre une panoplie de transports urbains, peu chers et attrayants. Si parfois il faut un coeur solide et ne pas avoir froid aux yeux, emprunter les transports ouzbeks fait partie du folklore local. Suivez le guide !

BUS

Les bus,  sympathiques à emprunter, demandent un certain courage. Premièrement, le ticket de transport – à moins d’avoir une carte,  nécessite bien souvent de faire circuler son paiement dans le bus – comme en Turquie.

Le conducteur démarre aussitôt les passagers montés, mais tout en conduisant, il fait les comptes, donne les tickets et rend la monnaie. Cela vaut tant pour les dolmens (le mini bus, très en pratique dans la campagne) mais aussi pour les bus de ville. Parfois c’est un contrôleur déambulant à bord qui s’occupe de mettre en règle les passagers.

TRAMWAY

Le Tramway est lent. Très lent. D’une lenteur au début sans doute exaspérante, mais offrant finalement, une chance inouïe d’observer le paysage et les ouzbeks. Pour aller au marché de Chorsu (« les 4 sources ») dans la vieille ville, nous l’utilisions fréquemment le week-end. Cela prenait 40 à 50 minutes pour nous rendre au grand bazar …

METRO

Un métro très moderne permet de visiter la capitale de l’Ouzbékistan assez aisément. C’est un métro récent – construction soviétique, 1972, et dont les stations sont uniques, faites de matériaux nobles et témoignage de différentes pratiques artistiques. Quel dommage alors que la beauté des stations ne puisse être immortalisé par l’appareil photo des touristes. Il est strictement interdit de s’amuser à photographier, le métro étant considéré comme un abri antisismique et antiatomique stratégique. À l’instar du métro moscovite, la milice veille au grain, et deux gardes par plateforme ne sont pas de trop.

La prononciation des noms des trois lignes et de leurs stations ressemblent à une poésie étrange, Chilonzor, O‘zbekiston, Yunusobod, Chorsu, Milliy Bog … et certains poètes s’y sont glissés, Hamza, Hamid Olimjon, Pushkin, Oybek, sans oublier Alisher Navoiy un des fondateurs de la littérature ouzbèke.

Pour entrer dans le métro, point de carte ou de ticket, mais des jetons – comme à Saint Petersbourg, semblable aux jetons de caddie, que l’on achète à l’entrée. Rarement bondé, ce mode de transport permet d’observer la jeunesse ouzbèke, les cols blancs du pays,  les gens aisés et les touristes.

Voiture – Taxi

À cette panoplie, j’ajoute enfin le taxi. Ah, le taxi ouzbèque ! Voilà une expérience inoubliable, digne d’un parc d’attraction mêlant excitation des montagnes russes et frisson des trains fantômes. Une course en ville dépasse rarement deux dollars. Il existe les taxis officiels et les taxis sauvages, avec une myriade de véhicules, les deux catégories confondues.

Finalement, un taxi, c’est le premier gars qui s’arrête et qui vous fait monter à bord. Les ouzbèques défient de plus les lois de l’espace, en faisant rentrer aisément 6 personnes, chauffeur inclus, dans une petite bagnole.

La ceinture de sécurité est un objet étrange, inconnu, malgré les campagnes du gouvernement pour rappeler à ses concitoyens que la sécurité des passagers est importante.

“The police pulled over the car I was riding in today because, they said, I was wearing a seat belt. Nobody wears seat belts in Uzbekistan. The cops thought I had buckled up as a safety precaution because the driver had been drinking. Why else would someone buckle up?”, Robert Rand, Tamerlan’s Children, p. 130 

(La police arrêta la voiture dans laquelle je voyageais aujourd’hui parce que d’après eux, je portais une ceinture de sécurité. Personne ne met de ceinture de sécurité en Ouzbékistan. Les flics pensaient que je l’avais bouclé par précaution parce que le chauffeur avait bu. Pour quelle autre raison quelqu’un mettrait sa ceinture ?)

La folie des lada persiste en Ouzbékistan. Ayant vu de multiples représentantes de la marque être poussées sur le bord de la route au démarrage, je n’étais pas rassurée de monter à bord. Elles n’offrent d’ailleurs qu’un confort rudimentaire et votre derrière vous priera de descendre au plus vite.

Le taxi permet de voyager intra-muros, mais aussi de se rendre dans d’autres villes du pays. Il faut alors s’accrocher pour une course ne s’effectuant pas sans le nombre maximum de passager, le minimum de pause-pipi, une centaine de coups de téléphone du conducteur et bien sûr, sans voir des voitures accidentées sur le bord de la route.

L’aventure en Ouzbékistan demande de s’accrocher, de prier un peu et de rire beaucoup. Sortir de votre zone de confort et affronter les conditions précaires de l’Ouzbékistan promet de sacrées histoires à votre retour.

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About Amélie-Marie (177 Articles)
C'est en 2007 que j'ai pour la première fois posé le pied au Japon. Depuis, je n'en suis jamais tout à fait rentrée. Amoureuse de l'archipel, mais aussi des voyages, j'aime écrire à propos des mes expériences de vie, des autres cultures que je croise. Depuis 2015, chargée de communication pour une école de Japonais (Coto Language Academy), j'assiste les élèves dans leurs démarches pour venir étudier au Japon!

2 Comments on L’Ouzbékistan, découvrir Tachkent : bus, tramway, métro soviétique, taxi

  1. Il a l’air canon, le métro !
    En Turquie, dans les bus, on avait le pass ou alors, on payait aux chauffeurs, non ? Par contre, dans les dolmus (les taxis collectifs donc), c’était effectivement tout un bordel pour payer le chauffeur ! Mais c’est comme ça partout au Moyen-Orient, il me semble ! 🙂

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    • Oui, le métro est super, mais assez « humide », donc la décoration souffre beaucoup. Je me rappelle jusqu’en Turquie je faisais parfois « passer » la monnaie. Peut-être moins qu’en Ouzbékistan sans doute. C’est drôle, à y repenser, la Russie a les même mini bus et le fonctionnement bordélique aussi. Je réalise au passage que la proximité linguistique est épatante ! Dolmus -> Dolmen.

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