Apprendre le japonais: Toshin Language School, Tokyo

http://www.tsschool.co.jp

J’ai auparavant développé mon amour pour les langues étrangères, amour un peu vache, car elles ne me le rendent pas toujours.

http://www.tsschool.co.jp

La première fois que j’ai fait un stage linguistique, ce fut en Russie, à l’Institut Pouchkine, pour lequel je garde une admiration sans faille.

Après la Russie, la vie et ses aléas m’amenèrent à demander un visa d’un an pour le Japon, terre explorée déjà à deux reprises, et pour laquelle j’ai une profonde affection.

À cette occasion, je décidais de m’inscrire pour quelques mois dans une école de langue. Or, à l’inverse de la Russie, le choix est vaste à Tokyo, si vaste que l’on pourrait se noyer dans la liste d’une centaine d’établissements. D’ailleurs, tous ne sont pas accessibles aux non asiatiques (si je puis dire, tous ne sont pas English-Friendly). Les leçons, cours, stages de japonais ne manquent pas et il est difficile de s’y retrouver.

Toshin Language school, une école de japonais prometteuse 

Dans l’établissement russe, personne ne parlait anglais. Mais face au pays du soleil levant, je devins moins courageuse, et je fis l’erreur de choisir une école French-Friendly, l’école Toshin. J’avais pourtant passé du temps à éplucher les sites internet des écoles, les listes de prix et les avantages des unes et des autres. Celle-ci je dois dire, bénéficie de site internet clair et d’un personnel compétent pour vous répondre et vous aider. Cela me décida.

Avant ma rentrée d’octobre (2013), j’achetais les livres renseignés (Minna No Nihongo series) , et commençais à travailler, tant et si bien qu’en un mois, j’avais quasiment couvert les enseignements du premier, à l’exception des Kanji, pour lesquels je m’étais révélée plus lente. Apprendre les kanji demande une gymnastique de l’esprit et une régularité sans faille, je n’y étais pas encore. 

Le jour dit, j’arrive devant les 5 étages du bâtiment principal, près de Takadanobaba, dans une petite rue. On m’amène dans une salle de cours, où déjà d’autres élèves passent le test de niveau. Je suis confiante, mais déchante vite face à ma feuille remplie de Kanji. Advienne que pourra, je remplis les cases.

Il faisait très chaud ce jour là, la tension était pénible à supporter.

Le test passé, je redescend à l’accueil, et j’apprends alors que je vais passer un entretien oral. Il ne m’en faut pas plus pour fondre de chaleur et de stress. À cette occasion, je réalise que les classes sont assez nombreuses, les A pour les débutants, les B pour les faux débutants, les C pour intermédiaire etc … Lors de mon entretien, les livres utilisés sont ceux que j’avais préalablement achetés, je ne suis pas perdue. Je suis placée en classe B, devançant des étudiants qui sont arrivés ici avec 2 à 3 ans de fac en japonais derrière eux.

Je suis impatiente. Très impatiente. Je baragouine, je gribouille, je voudrais vraiment maîtriser la langue de mon Nippon qui roule des yeux.

Toshin Language school, une expérience à moitié réussie

L’école est moins souple qu’elle ne le promet. Il est impossible de choisir s’il on est du matin (9h) ou de l’après midi (13h). Les classes sont plus lourdes qu’annoncé (or c’est un critère très déterminant dans l’apprentissage d’une langue). Je serai de l’après midi et mes cours seront donc divisés en 4 heures, dont la première sera toujours une heure de leçon de Kanji.

Dans ma classe, c’est assez exotique, vietnamiens, chinois, laotien, mais pas trop, s’y trouvent quelques français. Les coréens sont à part. Nous avons 3 professeurs, nous en changerons au cours du trimestre. J’aurai pour tous, une admiration sans faille, de faire ce travail difficile, répétitif et si fatiguant, avec le sourire, qu’il fasse chaud, qu’il pleuve ou qu’il vente.

Mais malgré une équipe enseignante sans reproche, au cours du trimestre mon enthousiaste cède face à un constat sans appel. Dans ma classe, c’est trop le bazar pour pouvoir avancer sereinement et efficacement. Il est très difficile faire lâcher le téléphone portable à des élèves dissipés, excités ou endormis (je ne blâmerai pas ces derniers qui bien souvent ont des jobs à temps partiel, la nuit), très difficile d’obtenir rapidement la mise en place des exercices.

La moyenne d’âge est plus aux alentours des 19 – 22 ans. Je ne suis sans doute pas en phase avec cette jeunesse bouillonnante, qui est parfois là plus par choix familial que personnel, sans savoir trop pourquoi, ni ce qu’ils veulent. Les professeurs sont trop dépassés pour maintenir l’ordre, même si, à la fin du trimestre, l’agacement se fera sentir.

Les cours avancent lentement, je trouve cela pénible. Ma motivation s’en trouve amoindrie. L’examen de mi-trimestre est un rappel assez violent pour beaucoup: le niveau monte, et si l’on ne suit pas, on ne rattrape pas la classe. Concernant les visas étudiants, la présence et les résultats sont très importants. Trop d’absentéisme, trop de mauvais résultats, et le visa ne sera pas renouvelé.

En parallèle de la classe, la salle d’étude mise à disposition est aussi un lieu de déception. Elle est plus souvent occupée comme lieu de repas ou d’amusement (écouter de la musique, regarder un film, là encore sur ces maudits téléphones) que comme lieu de travail, et celui qui veut y travailler aura peine à s’y concentrer. Beaucoup des étudiants, comme moi, n’ont pas de table, ni de chaise chez eux. L’espace réduit des chambres et l’habitude de manger assis par terre, expliquent cette situation. Offrir un accès à une salle d’étude est donc un atout pour une école de langue à Tokyo.

Enfin, sur le plan pédagogique, quelques regrets. Il est vrai que la méthode Minna est de loin la meilleure (d’une part parce que les manuels de grammaire sont traduits dans une dizaine de langue, d’autre part, parce qu’elle offre un ensemble d’outil couvrant la langue de manière pratique avec une entrée aisée dans la compréhension du vocabulaire et de la grammaire). Elle est aussi très riche en exercices, tant écrits qu’oraux. Mais Minna reste une méthode artificielle. Aussi proche qu’elle se veuille du japonais de la rue, elle est insuffisante à elle seule pour maîtriser une conversation. Or en cours, aucun document authentique n’est utilisé – pas même l’apprentissage d’une chanson traditionnelle ou une petite vidéo de la météo, les informations, ou même un article de journal.

Ce manque d’accès à la langue de l’extérieur devient un frein. En dehors du manuel, et bien que je connaisse les structures, je devenais perdue dès que l’interlocuteur s’en écartait. Bien entendu, je partais du principe que l’école était une entrée parmi d’autres dans la langue et qu’il me revenait de pratiquer en parallèle.

Un autre chagrin, et c’est quelque chose qui me paraissait impensable après la Russie, cette heure récurrente (à chaque nouveau chapitre) à réciter comme des ânes, le nouveau vocabulaire. Je doutais de l’effectivité de la méthode (parce qu’on peut très bien réciter en concoctant le repas du soir), sans compter le temps perdu. Tout le monde ayant le livre, il me paraissait logique que l’on anticipe la nouvelle leçon de soi-même (exigence personnelle que je n’avais évidemment pas à imposer aux autres).

Je n’ai bien sûr, aucun regret. J’ai même longuement hésité à me réinscrire. Apprendre en solitaire est une belle aventure, mais comme tout naufragé, on devient un peu fou à se parler tout seul. Apprendre dans une structure est une chance inouïe car, vivre dans le pays, vivre avec le nippon, la volonté, à eux-seuls sont insuffisants pour apprendre le japonais. L’école Toshin est vraiment tenue par des gens sympas et chaleureux, qui font tout pour que le séjour des étudiants se passent bien. Mais elle ne convenait pas à mon profil, et je pense qu’on peut trouver un établissement permettant d’être plus efficace.

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About Amélie-Marie (177 Articles)
C'est en 2007 que j'ai pour la première fois posé le pied au Japon. Depuis, je n'en suis jamais tout à fait rentrée. Amoureuse de l'archipel, mais aussi des voyages, j'aime écrire à propos des mes expériences de vie, des autres cultures que je croise. Je travaille depuis 2015 pour Coto Academy, une école de langue de japonais et Coto Work, une agence de recrutement sur Tokyo.

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